J’ai passé une sacrée drôle de soirée. Je suis épuisée.
Dans l’après midi, Luc et moi sommes allés à la déchetterie pour me débarrasser de mes gros tas de merdes dans le jardin. Puis on est passés chez ma mère pour lui emprunter puis ramener la remorque. J’ai croisé ses voisins plongeurs puis je me suis douchée, et changée pour me rendre chez une copine de mado qui nous avait invités à dîner.
Nous étions neuf. Ceux de d’habitude + un copain extérieur de mado. Là, comme d’hab, ils ont parlé de cul, sans arrêt. A chaque fois qu’on commençait à passer à autre chose, mado ou une autre de ses copines qui était présente relançaient la machine. J’étais très souvent prise pour cible, et au bout d’un moment, comme je ne savais plus quoi répondre quand on me posait des questions et que je ne voulais pas laisser dire certaines choses au motif que je ne répondais pas (et c’est là mon problème, j’aurais dû laisser couler), je me suis conduite comme je déteste. J’ai parlé de ma vie intime. Du coup, tout le monde sait que je suis tout le temps « humide » et que donc il m’est impossible de sortir sans sous-vêtement comme le font certaines femmes, tout le monde sait que je ne suis pas une femme fnotaine pour autant, mais aussi que je cherche un géniteur, que je n’ai pas envie de coucher avec le premier venu, et que je n’aime pas l’échangisme, que j’avais rendez-vous avec mon géniteur le lendemain et que donc, j’étais en pleine ovulation.
Pour le géniteur, ça craint, car personne ne l’a compris bien sûr, et je me suis sentie jugée, en particulier par l’un d’entre eux que j’aime bien.
Mais ce n’est pas tout. Je crois que mado nous a fait une sorte de crise de jalousie.
Sous couvert de vouloir « m’échanger » (que ce soit avec une autre femme ou quelques chameaux), Disab, l’un d’entre eux, n’a pas arrêté de s’en prendre à moi d’une façon ou d’une autre, alors que mado lui a dit à plusieurs reprises que si elle se retrouvait dans son lit aujourd’hui, elle coucherait avec lui. Comme il ne donnait pas franchement suite, je crois qu’elle a fini par en prendre un léger ombrage.
A la fin de la soirée, tout le monde était plus ou moins décidé à sortir, surtout mado, et sauf moi car je n’aime pas sortir le samedi soir, mais j’ai suivi le mouvement. Puis l’un d’entre eux a vu l’heure, et considéré que ça ne valait pas le coup de sortir, et tout le monde a trouvé que, finalement non, c’était pas une bonne idée, en effet.
Puis on a décidé de jouer à des jeux de société. Il y en avait deux: l’un classique, l’autre, qui apparemment est très drôle mais peu connu, et auquel j’avais très envie de jouer puisque précisément, j’hésite à me l’acheter. Ce fut l’enjeu d’une « empoignade » avec mado, qui n’avait pas envie de jouer au second, et qui a plombé la soirée en étant mauvaise joueuse (je ne l’avais jamais vue comme ça), puis, finalement, en partant sans dire au revoir.
Après son départ, on a un peu bavardé, puis on est rentrés car il était environ 2h.
En partant, on a ri en disant qu’on avait beaucoup parlé de cul, pire que d’habitude que c’en était choquant pour celui qui n’avait pas l’habitude de dîner avec nous (et qui était parti quelques instants plus tôt). J’ai répondu que pour moi, c’était pas pire que d’habitude, qu’on disait la même chose à chaque fois, et que c’était indécent à chaque fois. J’ai ajouté que la prochaine fois, ils pourraient dire ce qu’ils veulent, je n’en parlerai plus du tout.
Il n’empêche que ça m’a blessée que mado s’en aille comme ça, car j’ai cru sentir qu’elle en avait un peu après moi alors que c’est injustifié. Et ça a blessé sa copine aussi. Bebal a dit qu’elle était très jalouse à un moment dans la soirée (qui ne me concernait pas), et je crois que c’est très vrai: elle ne supporte pas qu’on lui vole la vedette qu’elle a l’habitude de tenir. Mais qu’y puis-je? Disab s’en prenait sans cesse à moi, sans doute parce que j’étais en face de lui d’ailleurs, et j’essaie toujours de ne pas en rajouter. En même temps, c’est agréable, et je continue à « minimiser » les choses, alors que je sais que je ne plairai pas toute ma vie, que je plais déjà tellement moins qu’avant, et que je devrais en profiter davantage.
Mais dans ce genre de circonstances, quand je sens que ça ne plaît pas à quelqu’un que j’aime bien, je n’y arrive pas, je n’en rajoute pas et même, je minimise donc.
Je ne pensais quand même pas que ça se cristalliserait sur un jeu…
Bon, je suis peut-être parano, mais je ne crois pas, je crois qu’il y a des petites rivalités, et j’espère qu’elles ne prendront pas d’ampleur, parce que je trouverais ça vraiment débile.
Bref, je verrai ça plus tard avec elle, j’imagine que le fond du problème, c’est qu’elle pleure son homme comme je pleure J quand je le vois, et qu’elle ne se remet pas de son abandon (que j’espère encore temporaire). Elle va mal, et c’est comme ça que ça ressurgit, me blessant au passage, ainsi que sa copine.
Mais ce n’est pas tout.
Car ce qui est très drôle dans tout ça, c’est que j’ai fini avec un homme dans mon lit…! Moi qui n’ai cessé de clamer que je ne pouvais pas coucher avec un mec, comme ça, même s’il me plaisait! Oui bon en même temps, ‘jai pas couché avec lui. Presque, mais pas.
C’est Hbl, que j’ai vu en rentrant. (Hbl, que j’ai croisé il y a un mois, que j’avais pas vu depuis vingt ans, que je ne connaissais pas, même, mais qui lui, me connaissait; un copain de mon frère aîné)
Je lui ai envoyé un texto, avant d’arriver au dîner, le traitant de dégonflé (puisque ça faisait quinze jours que je lui avais demandé de me rappeler, et qu’il ne l’avait pas fait).
Il m’a répondu vers minuit ou une heure, disant qu’il m’attendait au bar où on s’était rencontrés depuis une semaine. S’en sont suivis une série de textos, au moment où j’allais me coucher tout bien comme il faut: fatiguée, envie de me coucher, etc, il m’a demandé où j’étais. Comme je savais qu’il habitait pas loin de chez moi, j’ai répondu, et on s’est finalement retrouvés. Il était complètement bourré, il voulait m’embrasser (il puait!), n’arrêtait pas de dire que j’étais belle (j’avoue que ça fait très plaisir, j’ai pas l’habitude!), et qu’il avait envie de moi.
Moi aussi j’avais envie de l’embrasser mais non seulement je trouvais qu’il embrassait mal, et surtout, il avait la bouche pâteuse et empestait l’alcool. Du coup, je lui ai dit d’arrêter, mais comme je le prenais dans mes bras et lui faisait des câlins, ça lui convenait.
Je ne sais pas ce qui m’a pris. C’est vrai qu’il me plaît bien, ce type, je l’aime bien. Je ne croyais pas que ça irait si vite, car après tout, ce n’est que la deux ou troisième fois que je le rencontre, et que nous n’avons jamais discuté.
Je n’ai pas voulu coucher avec lui, mais j’ai tâté le terrain: j’ai prétexté que je n’avais pas de préservatif et que je ne connaissais pas son passé sexuel. Il a répondu qu’il comprenait, qu’il s’en fichait qu’on mette un préservatif ou non, mais que si j’avais un enfant, je me débrouillais avec.
Que puis-je rêver de mieux?
D’avoir envie de coucher avec lui, sans doute. Car ce n’est pas gagné, j’ai toujours J dans la peau. D’autant que j’ai senti son sexe, que j’ai trouvé trop petit à mon goût. ça va vraiment pas être facile d’avoir un orgasme (je sais bien que « c’est pas la taille qui compte », mais ça, ce n’est vrai que quand on est très amoureuse, ce qui n’est pas le cas ici).
ça va être d’autant moins facile qu’il a plein d’expressions qui me rappellent mon frère aîné! Des expression qui m’agacent beaucoup chez mon frère aîné. Et ça, quand je les ai prises dans la figure, à chaque fois, ça a été un tue l’amour. Des expressions que mon frère utilise depuis des années, je n’avais pas pensé qu’il les avaient « mises au point » avec des copains! Bouh que ça va être dur!
Autre chose encore: Hbl est très susceptible. Mais comme il parle et qu’il le dit, j’arrive toujours (pour l’instant) à le rassurer.
En gros voici comment ça s’est déroulé: vers 3h du mat, je me suis rhabillée et suis allée le cueillir sur la route, je l’ai ramené chez moi, on s’est fait des câlins, il a failli se brûler avec le thé qu’il voulait boire cul sec alors qu’il sortait de la bouilloire, je l’en ai empêché. Puis nous sommes allés nous coucher, j’ai allumé une bougie et mis du chauffage car il avait froid. On s’est fait des gentils câlins, on a un peu bavardé et il a été globalement plutôt contradictoire sur sa vie affective. A un moment, il m’a dit que la dernière fois qu’il avait couché avec une femme remontait à 2006, puis bien après, il m’a dit que non, c’était pas vrai.
Puis à un moment, il m’a appelée Karine, je l’ai appelé Edmond. Et il a trouvé le moyen de mal le prendre au motif que le prénom était nul! Il est très fort, je trouve. Il m’a expliqué que c’était son ex, puis m’a dit qu’en fait, il ne comprenait pas pourquoi il m’avait appelée Karine, que non, ce n’était pas son ex, et qu’il ne connaissait aucune Karine et qu’il était désolé.
Il y a autre chose aussi qui m’a beaucoup surpris dans son comportement, c’est qu’il parlait tout le temps de frapper, taper. Au début, il m’a demandé si j’avais été battue par un homme (pour être sur mes gardes comme ça, parce que je ne le laissais pas m’embrasser tellement il puait!), ensuite, plusieurs fois quand il a été maladroit ou quoi, il pensait que j’allais le taper, ou même disait que ça méritait d’être tapé. Il utilisait plus le mot taper que frapper, et puis à un moment, comme je m’étonnais qu’il parle tout le temps de ça, je lui ai demandé: « mais, pourquoi tu me parles de taper, là? » Il m’a répondu: « ben parce que! quand tu fais quelque chose de mal, c’est normal qu’on te tape, non? » J’ai été catégorique: « non, ce n’est pas normal. Pas normal du tout, même. »
Et d’ailleurs, je le trouve assez brutal dans ses gestes: il m’a pincé les seins plusieurs fois, et il m’a fait mal. Bon, ça restait anecdotique par rapport au reste, mais j’avais pas envie de le laisser faire. D’ailleurs, je n’aime pas non plus sa façon d’embrasser que je trouve un peu brutale, du moins pour des premiers baisers. Je lui ai dit et répété, car je n’ai pas envie de laisser s’installer ça.
Puis on a essayé de dormir. Moi j’avais du mal: déjà, un homme dans mon lit, mais avec le bruit du chauffage c’était quasi impossible. Dans son sommeil, il ne cessait de répéter que j’étais belle et qu’il avait envie de moi. Au début j’adorais, puis c’était comme obsessionnel et ça m’a presque fait mal, comme quand on carresse trop longtemps au même endroit. Mais je ne me suis pas laissée envahir par ça, car tout le reste était très agréable.
Et voilà ce qui m’a sidérée: à un moment, dans un demi sommeil, il m’a demandé ce que je faisais au mois de novembre. Je l’ai regardé, surprise et lui ai dit: « tu sais qu’on est au mois de février, là? ». Je suis presque sûre qu’il m’a répondu « oui, et en novembre tu fais quoi? ». Je ne comprenais pas s’il rêvait, s’il savait que c’était moi dans son lit ou quoi. Puis je crois bien que je lui ai dit un truc comme: « pourquoi, tu dois faire quoi en novembre? », et il a répondu « je vais rencontrer la femme de ma vie ». J’ai dû lui dire un truc comme: « tu veux dire que tu me gardes de février à novembre, puis tu me largues pour la femme de ta vie? », « oui ». Je lui ai demandé si c’était un voyant qui lui avait dit ça, il a répondu non, puis s’est lassé de la conversation et s’est rendormi. Et moi, comme j’arrivais pas à dormir, j’ai songé que si je tombais enceinte ce mois ci, j’accoucherais en novembre…
C’est fou, non? C’est peut-être deux folies qui se rencontrent, je ne sais pas.
J’ai beau me dire qu’il était bourré, il l’était quand même déjà moins, là, et de façon générale, il était cohérent, même bourré. Alors bien sûr, je m’interroge…
Son téléphone (réveil) a sonné à 7h moins dix, on a plus ou moins essayé de se rendormir, sans succès. Il voulait toujours autant coucher avec moi, je le sentais un peu déçu ou agacé, et me disait que pour dormir, mieux valait qu’on soit pas dans le même lit. Je l’ai donc ramené vers 7h30 (sans doute). Nous nous sommes donné rendez-vous lundi soir après mon cours: il vient dormir chez moi. J’espère que je vais avoir envie de faire l’amour! J’ai déjà très envie de lui faire des câlins, donc c’est quand même un excellent début. De toute façon, je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais eu envie de faire l’amour avec un homme qui me plaît dès la première fois. C’était pareil pour J, d’ailleurs. La première fois, on s’est déshabillés, mais on n’a rien fait, car je ne pouvais pas: j’ai besoin de m’habituer au corps de l’autre.
Mais quand même, les circonstances sont particulières: désormais, je cherche un géniteur. Or je suis en pleine ovulation, j’ai trouvé un mec qui me plaît, à qui je ne suis pas obligée de mentir pour pouvoir procréer, et pourtant, je n’ai pas eu du tout envie de coucher avec lui hier soir (enfin physiquement, si bien sûr, mais ce n’est pas suffisant pour moi). Je ne me comprends vraiment pas.
Bon, c’est comme ça: j’ai senti que je n’avais pas envie, que me forcer gâcherait des choses en moi (et du coup avec lui) que je n’avais pas envie de gâcher. Je me suis dit que j’avais un donneur de sperme avec qui j’avais rendez-vous, et qu’il valait mieux que je ne change pas mes plans, et que je prenne ce qui est à prendre en plus, si cela me faisait plaisir.
Donc si tout va bien, ce soir je vais chez john le géniteur, et demain soir, il y aura de la concurrence…
Oh ce serait bien! ça foutrait la merde dans mes plans de plongée, mais ce serait bien!
En tout cas, à part l’épisode mado et la honte que je me traîne à avoir parlé de mon intimité, le déroulement de cette soirée est quand même très drôle, je trouve…